Construction : la différence entre un joint de dilatation et un joint de rupture

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Construction : la différence entre un joint de dilatation et un joint de rupture

Dans le secteur de la construction, la maîtrise des joints est cruciale pour prévenir les fissures et garantir la durabilité des ouvrages. Cet article fait le point sur les différences essentielles entre le joint de dilatation, qui absorbe les mouvements thermiques, et le joint de rupture, qui détermine le lieu contrôlé des fissures. Vous découvrirez les rôles spécifiques de chaque type de joint, les bonnes pratiques d’utilisation selon les matériaux et les zones d’application, ainsi qu’un tableau récapitulatif des espacements recommandés. Enfin, nous aborderons les erreurs fréquentes et l’importance de faire appel à un expert pour diagnostiquer et résoudre les fissures éventuelles.

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Construction : la différence entre un joint de dilatation et un joint de rupture

Dans le domaine de la construction, on confond souvent le joint de dilatation et le joint de rupture. Si tous deux sont nécessaires pour éviter le phénomène de fissuration, ils ne jouent cependant pas le même rôle. Quelle est la différence entre un joint de rupture et un joint de dilatation ?

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Construction : quel est le rôle du joint de dilatation ?

Le béton se dilate et se rétracte selon la température. Sans précautions, ces mouvements créent des fissures. Les joints de dilatation permettent d’absorber ces variations et de protéger l’ouvrage.

C’est pourquoi on divise les éléments, en masses de volume raisonnable. La fonction du joint de dilatation, placé entre ces différents éléments, est d’absorber les variations de dimensions et les tassements différentiels. Entre une maison et son garage, un joint de dilatation limite les fissures dues à des mouvements différents des deux volumes.

Construction : à quoi sert le joint de rupture ou de préfissuration ?

Un joint de rupture ne joue pas le même rôle que le joint de dilatation. Ce trait de meuleuse, effectué après la construction d’une chape, d’une dalle ou d’un mur, permet le contrôle du lieu d’apparition (probable) des fissures, pour qu’elles ne soit pas dommageables à l’esthétique bâti. La réalisation de joints de rupture ou de préfissuration concerne principalement les dalles de grandes surfaces (entrepôts, parkings souterrains) et grands bâtiments.

Erreurs fréquentes : confusion entre dilatation et rupture

Dans l’expertise des fissures, certaines erreurs reviennent régulièrement :

  • Utiliser un joint de rupture à la place d’un joint de dilatation peut entraîner des fissures structurelles, car il ne compense pas les mouvements thermiques.
  • Placer un joint de dilatation inutilement ou au mauvais endroit peut provoquer des défauts d’étanchéité ou des ponts acoustiques.
  • Confondre les notions de “retrait”, “fractionnement” et “rupture” : des sciages mal dimensionnés ou des joints mal positionnés entraînent des fissures non maîtrisées.

Tableau récapitulatif des joints selon le type d’ouvrage

Type d’ouvrageJoints requisEspacement indicatifPoints de vigilance (étanchéité, feu, bruit, etc.)
Dallage intérieur non arméJoints de retrait / fractionnement + périphériques4 à 6 m entre joints ; panneaux aussi proches du carré que possible (L ≤ 1,5 × l)– Vérifier profondeur de sciage (1/3 de l’épaisseur min.)
– Pas de désaffleurement
– Bien nettoyer avant scellement ou masticage
Dallage industriel ou extérieur (parking, entrepôt, voirie légère)Joints de dilatation + joints de construction + joints de fractionnement6 à 8 m selon exposition thermique et surface
Prévoir joints de dilatation tous les 25 à 30 m en extérieur
– Étanchéité (infiltrations, sels)
– Résistance mécanique du couvre-joint
– Protection contre les hydrocarbures et cycles gel/dégel
Murs en maçonnerie (maison individuelle)Joints de dilatation ou de fractionnement verticalTous les 20 à 25 m linéaires en façades
Et à chaque changement de volume ou de matériau
– Continuité des enduits
– Étanchéité à la pluie
– Prévoir profilé compressible derrière l’enduit
– Éviter alignement avec ouvertures
Façades de bâtiments collectifs / tertiairesJoints de dilatation verticaux + joints horizontaux éventuels selon hauteur25 à 30 m max (variable selon exposition, teinte et matériau)– Traitement pare-pluie / bardage
– Couvre-joints coupe-feu (EI 60 à 120 selon usage)
– Vérifier ponts acoustiques
Entre deux bâtiments distincts (maison / extension / garage)Joint de rupture / dilatation complet (fondations, murs, planchers, toiture)Séparation structurelle totale (aucune liaison rigide)– Étanchéité du raccord toiture-façade
– Isolant souple continu
– Couvre-joint étanche en façade
Plancher chauffant + carrelageJoints de fractionnement et périphériques désolidarisants40 m² max par panneau chauffant ou 8 m linéaires– Continuité des joints entre support et carrelage
– Bandes périphériques en mousse compressible
– Compatibilité du mastic avec la température
Voiles béton et structures porteuses (béton armé)Joints de dilatation structurelsTous les 30 à 40 m selon longueur de la structure et variation thermique prévue (ΔT)– Respect des armatures de reprise
– Couvre-joint étanche au feu et à l’air
– Coordination architecte / structure
Chapes ou planchers intermédiaires (bureaux, ERP)Joints de retrait et de dilatation selon configuration6 à 8 m entre joints, et fractionnement sous les cloisons lourdes– Transmission acoustique : prévoir bandes résilientes
– Continuité pare-vapeur / isolation thermique
– Alignement des joints sur finitions de sol

Notes importantes :

  • Les valeurs d’espacement ci-dessus sont indicatives : elles doivent être adaptées en fonction du type de béton, du taux d’armature, de la surface d’exposition et des contraintes thermiques locales.

  • Les DTU insistent sur la continuité du fractionnement dans toutes les couches (dalle, chape, carrelage, enduit, etc.).

  • En cas de changement de matériau, de niveau ou de rigidité, un joint est toujours à prévoir (règle commune DTU 13.3 et 20.1).

Fissures bâtiment : un expert pour déterminer la cause des fissures

Des fissures entre le garage et la maison ? Des fissures sur les murs, le plafond, le carrelage ? Pour connaître la cause de ces désordres et surtout les mesures à prendre, pour stopper leur évolution, il est nécessaire de faire appel à un expert fissures, qui détient les compétences nécessaires pour résoudre durablement ce problème, en donnant des conseils de réparation de principe adaptés. Et en dégageant les responsabilités, en cas de malfaçons.

Auteur

Stéphane Girois

Directeur Général du groupe Lamy Expertise, premier réseau national d’experts techniques du bâtiment, Stéphane cumule plus de 20 ans d’expérience dans les domaines de la R&D et de l’expertise technique du secteur — apportant une vision pragmatique et structurée aux enjeux de pathologie du bâtiment, d’assistance à maîtrise d’ouvrage et de diagnostics.

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Questions fréquentes :

À quelle distance faut-il prévoir un joint de dilatation dans une dalle en béton ?

Selon le NF DTU 13.3, la distance maximale entre deux joints de dilatation dépend des dimensions et des contraintes du dallage.
En pratique, on recommande :

  • 4 à 6 mètres entre deux joints dans un dallage intérieur non armé ;

  • jusqu’à 8 mètres pour un dallage armé ou fibré, en respectant des panneaux aussi proches du carré que possible</strong> ;

  • dans les parkings ou zones extérieures, le calepinage doit tenir compte des variations thermiques (ΔT).
    Les panneaux trop allongés (L > 1,5 × l) augmentent le risque de fissures.
    Référence : NF DTU 13.3 – Travaux de dallages, fascicule 1 §5.3.3, et Guide Dallages Infociments 2024.

Oui, dans la grande majorité des cas.
D’après le NF DTU 20.1, il est obligatoire de prévoir un joint de dilatation ou de rupture entre deux bâtiments dès lors que :

  • leurs fondations sont différentes (profondeur, nature du sol, charges) ;

  • ils sont construits à des périodes différentes (maison + extension) ;

  • ils présentent des matériaux ou structures non solidaires (ossature béton vs ossature bois).
    Ce joint absorbe les tassements différentiels et évite l’apparition de fissures aux jonctions.
    Référence : NF DTU 20.1 P4 – Règles de fractionnement des maçonneries.

Les deux ont un objectif commun : éviter les fissures incontrôlées, mais ils interviennent à des moments différents.

  • Le joint de retrait compense les variations dimensionnelles dues à la dessiccation du béton (rétraction). Il se réalise souvent par sciage dans les 24 à 48 h suivant le coulage.

  • Le joint de fractionnement (ou pré-fissuration) est un faible affaiblissement prévu à la conception pour localiser la fissure future.
    Dans les textes normatifs, ces deux termes sont souvent employés comme équivalents dans le cas des dallages.
    Référence : NF DTU 13.3 – Travaux de dallages, §5.3.4, et Guide Dallages Infociments 2024.

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