Reconnaître les fissures inoffensives des fissures dangereuses

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Reconnaître les fissures inoffensives des fissures dangereuses

Les fissures dans les bâtiments sont souvent le premier signe d’un problème latent, mais toutes ne sont pas synonymes de danger. Cette page vous apprendra à différencier les microfissures inoffensives des fissures structurales à risque, en analysant leur forme, leur localisation et les causes sous‑jacentes comme les mouvements de terrain ou les infiltrations d’eau. Vous découvrirez également quels critères de gravité utilisent les experts, ainsi que les évolutions récentes du régime d’indemnisation CatNat 2024 qui facilitent la prise en charge des sinistres liés aux argiles gonflantes. Enfin, des recommandations pratiques vous guideront pour décider quand faire appel à un professionnel afin de sécuriser votre habitation.

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Reconnaître les fissures inoffensives des fissures dangereuses

Les fissures sur mur intérieur, ou mur extérieur évoluent souvent. Quand elles s’ouvrent avec le temps, le risque augmente : il faut mesurer régulièrement leur largeur.

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Inoffensives ou dangereuses : trouver d’abord l’origine des fissures

Une fissure, qu’elle soit dangereuse ou bénigne, apparaît suite à la manifestation de divers éléments. Sur sol argileux, la maison bouge avec la sécheresse et la pluie. Ces mouvements peuvent créer ou agrandir des fissures. Mais des événements, tels qu’une infiltration d’eau dans les murs malmenés par des épisodes successifs de gel/dégel, peuvent aussi être à l’origine de ces désordres. Certains facteurs aggravants viennent accentuer le phénomène, par exemple des malfaçons de la construction.

Microfissures en façade : souvent inoffensives, parfois dangereuses

Il est tentant de qualifier les microfissures d’inoffensives. Car elles sont généralement étroites (largeur inférieure à 0,2 mm) et à peine visibles sur la façade. Ce type de fissure peut résulter d’un problème de séchage de l’enduit (phénomène de faïençage sans danger).

Certaines microfissures cachent un problème structurel. Si elles se referment ou réapparaissent, faites vérifier par un expert.

Maison ou façade fissurée : savoir reconnaître quand s’inquiéter

Les fissures horizontales ou en escalier sont souvent les plus à risques, surtout si elles s’élargissent. Elles traduisent la plupart du temps, en effet, un problème au niveau du sous-sol, servant d’assise aux fondations. Mais il convient tout autant de se méfier de fissures verticales structurelles, comme on peut souvent, par exemple, en observer aux angles des bâtiment, marquant une désolidarisation de deux pans de murs.

Les fissures sont des indicateurs précieux de l’état de santé d’un bâtiment. Leur forme, leur orientation et leur localisation permettent souvent de déterminer l’origine du désordre. L’analyse visuelle doit donc toujours être accompagnée d’une lecture structurelle : quelle zone du bâtiment est concernée ? S’agit-il d’un mur porteur, d’un refend, d’un linteau ? Ces indices orientent le diagnostic et la gravité du phénomène.

La désolidarisation des murs : un signe de cisaillement

Lorsqu’une fissure verticale se situe à l’angle d’un bâtiment ou à la jonction entre deux murs, elle révèle souvent une désolidarisation : autrement dit, les deux parties de la construction ne bougent plus de manière homogène. Ce phénomène peut provenir d’un affaissement différentiel des fondations, d’une extension mal reprise, ou encore d’une variation du sol d’assise (argiles gonflantes, retrait-gonflement, zone en pente, etc.).

Visuellement, la désolidarisation se traduit par une fissure nette et continue, pouvant traverser l’enduit, la maçonnerie et parfois le plancher. Dans certains cas, on observe un léger décalage de plan entre les deux murs : les arêtes ne sont plus parfaitement alignées. Ce cisaillement témoigne d’une contrainte importante sur la structure, qu’il convient de faire évaluer rapidement par un expert en pathologie du bâtiment.

Tableau récapitulatif des principaux types de fissures

Type de fissureDescription / AspectEmplacement fréquentNiveau de dangerosité estimé
MicrofissureLigne fine, superficielle, souvent liée au séchage des enduits.Enduits, plafonds, murs intérieurs.Faible (souvent esthétique).
FaïençageRéseau de petites fissures en toile d’araignée, sans profondeur.Enduits récents, surfaces exposées au soleil.Faible à modéré (surveillance recommandée).
Fissure verticaleLigne droite suivant la hauteur du mur ; traduit une tension structurelle ou un tassement différentiel.Angles, jonction entre deux murs, linteaux.Modérée à forte selon la largeur et la continuité.
Fissure horizontaleFissure parallèle au sol, souvent en milieu de mur ; liée à un déplacement du soubassement ou du plancher.Partie basse des murs porteurs, façades.Forte (risque de désordre structurel ou de poussée latérale).
Fissure en escalierForme de marche d’escalier suivant les joints de maçonnerie.Façades, murs porteurs en briques ou parpaings.Forte (affaissement du sol d’assise probable).
Fissure en X ou en YDeux fissures convergentes, souvent liées à un mouvement combiné (traction + cisaillement).Façades, pignons, angles des baies.Forte à très forte (risque de rupture localisée).
LézardeOuverture importante (>5 mm), pouvant traverser toute l’épaisseur du mur.Murs porteurs, fondations, angles.Très forte (urgence d’un diagnostic structurel).

Ce tableau doit être lu comme un outil d’aide à la vigilance : la dangerosité réelle dépend toujours du contexte (nature du sol, type de fondation, date d’apparition, évolution dans le temps). Une fissure de quelques millimètres, stable depuis des années, n’aura pas la même portée qu’une ouverture récente qui s’élargit au fil des saisons.

Sécheresse, retrait-gonflement des argiles et réforme CatNat 2024

Les épisodes de sécheresse intense observés ces dernières années ont profondément aggravé le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), responsable d’une sinistralité record estimée à près de 3,5 milliards d’euros en 2022. Ce mouvement différentiel du sol, causé par les alternances de dessiccation et de réhydratation, engendre des fissures structurelles sur les façades, les murs porteurs et les fondations des bâtiments implantés sur des terrains argileux. Ces désordres sont souvent évolutifs et doivent faire l’objet d’un diagnostic approfondi avant toute réparation.

Reconnaissance CatNat RGA : ce qui change depuis 2024

Le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (CatNat) a été révisé par le décret du 6 février 2024 et la circulaire interministérielle du 6 mai 2024. Ces textes ont assoupli les critères de reconnaissance des sinistres liés aux mouvements de terrain différentiels dus à la sécheresse, afin de mieux couvrir les bâtiments touchés. Désormais, une commune peut être reconnue en état de catastrophe naturelle même si plusieurs épisodes successifs de sécheresse n’avaient pas, isolément, dépassé les seuils antérieurs. Cette évolution facilite les démarches d’indemnisation pour les particuliers concernés par les fissures consécutives au RGA.

Pour aller plus loin, les guides techniques récents de l’AQC (« Fissures structurelles des maçonneries », 2024) et du CSTB (« Pathologie des façades », 4ᵉ édition, 2023) apportent des repères utiles pour distinguer les fissures superficielles des désordres structurels. Leur consultation est vivement recommandée dans le cadre d’un diagnostic fissures ou d’une expertise après sinistre.

Le saviez vous ?

Les fissures qui atteignent 3 à 4 cm et sont nommées lézardes. Elles peuvent menacer la stabilité du bâtiment. Dans ce cas, il faut agir vite. Pour éviter un drame, il convient de faire intervenir un expert fissures afin de les observer.

L’échelle de gravité des fissures du LCPC (Laboratoire Central des Ponts et Chaussées, devenu IFSTTAR puis Université Gustave Eiffel) qui définit les seuils de dangerosité. Source LCPC (IFSTTAR) sur les classifications des désordres (Une recherche ciblée sur le site de l’Université Gustave Eiffel (ancien IFSTTAR/LCPC) ou un document de référence comme le SETRA sur les pathologies des ouvrages serait la plus appropriée, cherchez un document officiel sur l’échelle de gravité).

L’expertise bâtiment qu’il vous faut

L’expertise fissures permet de comprendre l’origine des fissures et leur évolution. L’analyse peut servir à identifier le plus tôt possible les véritables menaces, pour l’intégrité des bâtiments et/ou la sécurité des occupants.

Auteur

Stéphane Girois

Directeur Général du groupe Lamy Expertise, premier réseau national d’experts techniques du bâtiment, Stéphane cumule plus de 20 ans d’expérience dans les domaines de la R&D et de l’expertise technique du secteur — apportant une vision pragmatique et structurée aux enjeux de pathologie du bâtiment, d’assistance à maîtrise d’ouvrage et de diagnostics.

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FAQ – quelles fissures sont dangereuses?

Comment identifier une microfissure inoffensive et la différencier d’une fissure structurale dangereuse ?

Une microfissure inoffensive mesure généralement moins de 0,2 mm, est superficielle et apparaît souvent sur les enduits à cause du séchage (faïençage). En revanche, une fissure structurale est plus large, suit souvent une orientation horizontale, en escalier ou verticale aux angles, et s’élargit avec le temps, indiquant un problème de fondations ou de mouvements de terrain.
Il est recommandé de contacter un expert dès que la largeur d’une fissure dépasse 1 mm, que celle‑ci s’élargit, réapparaît après s’être refermée, ou si elle est horizontale, en escalier ou verticale aux jonctions de murs porteurs, car ces signes indiquent un risque structurel potentiel.
Depuis le décret de février 2024, les critères de reconnaissance des sinistres dus aux mouvements de terrain différentiel (sécheresse, argiles gonflantes) ont été assouplis : plusieurs épisodes de sécheresse consécutifs, même séparés, peuvent désormais conduire à la déclaration de catastrophe naturelle, facilitant ainsi les démarches d’indemnisation pour les propriétaires affectés.

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