5 points de vigilance sur les travaux de maçonnerie
Vérifier que les matériaux sont adaptés aux exigences de charges
Au fil du temps, les travaux de maçonnerie se sont améliorés. Les matériaux ont, par exemple, acquis des caractéristiques physiques et mécaniques plus performantes. A titre d’illustration, les parois verticales sont passées d’une épaisseur souvent voisine du mètre (blocs de pierre taillée juxtaposés, sans liant), à celle de quelques dizaines de centimètres (murs en béton banché, en béton cellulaire, agglos corps creux ou parpaings, briques). Quant aux structures horizontales, elles ont été orientées vers l’utilisation de produits industrialisés modulaires, plus réguliers et plus simples à mettre en œuvre (poutrelles et hourdis (+ dalle de compression), planchers béton armé pleins, etc.). Néanmoins, si les matériaux ont évolué, il reste essentiel de bien les utiliser, c’est à dire avec une main-d’œuvre qualifiée, exigée pour des travaux de maçonnerie de qualité. Notre premier conseil consiste à vérifier que les matériaux choisis sont techniquement adaptés, notamment aux exigences de charges appliquées sur l’ouvrage.
S'assurer que les armatures sont suffisantes
Les chaînages et raidisseurs confèrent rigidité et cohésion à la structure d’un ouvrage, une maison individuelle, par exemple. Sans ces dispositifs, toute déformation ou sollicitation de la structure même infime, serait susceptible d’entraîner l’apparition de désordres sur le bâtiment. Ainsi, l’absence de chaînage périphérique ou le mauvais recouvrement des armatures, a généralement des conséquences désastreuses pour l’intégrité de l’ouvrage. Le bâtiment peut ne pas être suffisamment raidi. Des poussées localisées, en angle, peuvent alors être à l’origine de désordres de type fissuration. Notre second conseil consiste donc à contrôler que la résistance de l’ouvrage est bien assurée par des ferraillages dans les murs et les planchers notamment.
Contrôler que les dispositifs de contreventement sont bien en place
Le contreventement renvoie généralement à un ouvrage de consolidation par triangulation, par exemple à l’aide de pièces obliques, visant à empêcher toute déformation par des poussées latérales. L’ensemble des liens ou contrevents peuvent s’opposer à la déformation latérale d’une charpente ou d’un mur, en particulier sous l’effet du vent. Le manque de contreventement provisoire, pour un mur ou un pignon en cours de montage peut, ainsi, entraîner sa destruction, en cas de poussée latérale significative. Il en va de même pour la charpente. Dans le cadre de notre troisième conseil, il convient donc de vérifier que les contreventements sont bien en place et suffisants, afin de protéger l’ouvrage des contraintes extérieures, à l’image du vent.
Combattre l'humidité avec des barrières étanches
Cela concerne davantage les maisons construites sur terre-plein : l’absence de barrière anti-capillarité (drain, revêtement hydrofuge sur les murs de soubassement, etc.) peut occasionner des remontées d’humidité dans les murs, puis des désordres de type salpêtre et moisissures, à l’intérieur même des murs. Par ailleurs, il est à noter que le choix d’un mur de façade, ne correspondant pas au classement induit par son exposition, est également susceptible d’entraîner des risques d’infiltration, en cas de pluie battante. Notre quatrième conseil consiste ainsi à vérifier que les protections contre l’humidité sont suffisantes. Sujet complémentaire : le dispositif de drainage.
Identifier une éventuelle flèche du plancher ou de la dalle d'étage
Les planchers sont des plans horizontaux, séparant deux étages d’un bâtiment, capables de supporter les charges d’utilisation. La mise en oeuvre des poutrelles de plancher impliquent que ces dernières soit parfaitement étayées. A défaut, une flèche excessive, outre son aspect peu esthétique, ne permettra pas d’assurer une bonne répartition des charges sur le plancher support. Par ailleurs, l’utilisation de hourdis de terre cuite avec des poutrelles, soit en béton armé, soit précontraint, implique de prendre quelques précautions, afin d’éviter des tensions internes dans les hourdis, entraînant la rupture des cloisonnements à l’intérieur de ceux-ci. Notre dernier conseil vise à vérifier que les conditions sont réunies, pour que le plancher d’étage soit résistant et stable. Pour cela, il convient de vérifier l’absence de flèche de la poutre ou de la dalle d’étage en place.
Bien sûr, les points de vigilance cités dans ce dossier sont des exemples. Bien d’autres aspects techniques sont à vérifier pour limiter le risque de malfaçons et de sinistres. Pour les découvrir, RDV dans cette rubrique.
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